Parler par messagerie instantanée, jouer à des jeux en réseau ou simplement surfer sur Internet sont désormais des activités courantes pour les usagers du Web. Qu’on le veule ou non, Internet fait désormais partie intégrante de nos vies, mais malgré que cette vaste toile informatique soit une invention des plus fantastiques, elle pollue et on ne parle pas ici que de SPAM ou de virus informatique, mais bien d’émissions de CO2!
Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’industrie des technologies de l’information et de la communication est responsable de 2 % des émissions de CO2 mondiales. Ce chiffre correspond à la production de CO2 de l’ensemble de la flotte aérienne mondiale ! Par exemple, le monde virtuel Second Life doit faire tourner 4000 serveurs pour exister. La consommation électrique de l’ensemble des serveurs d’Internet dans le monde en 2005 équivalait à la production d’une quinzaine de centrales nucléaires! Le problème c’est qu’une grande majorité des serveurs sont à des endroits où l’on produit de l’électricité grâce aux centrales fonctionnant au charbon.
La pollution des réseaux sociaux et des sites Internet
Twitter engendre une tonne de CO2 par jour! Pour archiver des milliards de données, les serveurs informatiques nécessitent des serveurs très gourmands en énergie et rejettent beaucoup de CO2 dans l’atmosphère. Qu’ils occupent une pièce, un étage, ou un immeuble, les serveurs informatiques ont toujours besoin d’une climatisation importante et continue pour éviter la surchauffe. Et l’air climatisé nécessite beaucoup d’énergie, provenant principalement d’énergie fossile.
Selon une évaluation de l’Internet World Stats de mars 2009, près de 1,59 milliard d’internautes surfent sur Internet dans le monde ! Ça vous donne une idée de la proportion importante d’Internet et de son réseau !
D’après une étude de McKinsey & Co., d’ici 2020, les centres de traitement de données nécessaires aujourd’hui pour le fonctionnement de n’importe quel parc informatique d’une entreprise produiront plus de gaz à effet de serre que la totalité des avions de ligne !
La pollution des SPAMS (pourriels)
Les pourriels, envoyés par messagerie électronique, sont eut aussi nuisibles à l’environnement, en plus de polluer les boîtes de réception de courriel. McAffee affirme, dans un rapport publié le 15 avril, que l’empreinte carbone laissée par les pourriels à l’échelle mondiale équivaut aux rejets de CO2 de plusieurs millions de voitures. Selon cette même étude, les 62 milliards de pourriels envoyés en 2008 dans le monde représenteraient 17 millions de tonnes de CO2 soit 0,2 % des émissions mondiales. C’est un énorme gaspillage d’énergie, car la grande majorité de ces courriels finissent à la poubelle sans même être lus.
La pollution des moteurs de recherche
1000 recherches sur Google polluent autant qu’un kilomètre en voiture! En effet, Google utilise environ 2 millions d’ordinateurs pour traiter une seule requête de recherche ! Avec plus d’une centaine de milliards de recherches par mois, on peut facilement mesurer l’impact que cela peut avoir. Bien sûr, une recherche sur Google est nettement moins polluante que d’aller soi-même dans une bibliothèque en voiture.
Les déchets électroniques
Entre 20 et 50 millions de tonnes de déchets électroniques s’amoncellent dans le monde et ce volume croit de 3 à 5 % par an, d’après une étude des Nations unies de 2005. Le recyclage des déchets électroniques est complexe et nécessite la manipulation de composants très nocifs pour la santé et l’environnement, tels le mercure, le cadmium qui se retrouvent dans les pièces d’ordinateurs. Malheureusement, les déchets des pays industrialisés du nord se retrouvent inévitablement dans ceux du sud, où s’entassent moniteurs, claviers et PC en tout genre.
Dans les pays pauvres, des montagnes de déchets électroniques s’empilent chaque année. Plus de 500 conteneurs de matériel informatique d’occasion sont débarqués chaque mois au Nigéria pour être réparés et réutilisés, mais près des trois quarts de chaque cargaison se révèlent inutilisables et sont détruits sans aucune précaution ou pire, sont abandonnés dans de vastes décharges.
Les méthodes employées dans les pays pauvres pour retraiter ces déchets sont très rudimentaires et les répercussions sur la santé des populations et l’environnement sont lourdes, car les éléments toxiques se retrouvent principalement dans l’eau, qui est le vecteur principal de ces polluants. Par exemple, en Chine, un échantillon d’eau prélevé dans la rivière Lianjiang, à proximité d’un site de recyclage, a révélé des taux de plomb 2 400 fois plus élevés que les standards préconisent par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Heureusement, depuis 2005, une directive européenne dite DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques), votée en 2003, est appliquée au niveau européen en matière de recyclage de ces déchets. Une autre directive dite RoHS (Restriction of Hazardous Substances) visant à contrôler l’utilisation de substances dangereuses dans les équipements électroniques a été adoptée et à l’heure actuelle, ce dispositif législatif est opérationnel en Europe et dans la plupart des pays développés. Malheureusement, une majorité des États concernés continue d’envoyer leurs déchets toxiques vers les pays émergents, souvent sous forme de dons pour contourner la loi. S’il existe un principe selon lequel le constructeur est obligé de recycler ses produits, personne n’indique comment et où ils doivent l’être.
Un ordinateur pollue bien avant qu’il ne finisse à la poubelle et produire un ordinateur de bureau, c’est utiliser l’équivalent de près de deux tonnes de ressources naturelles ! Alors que d’autres biens de consommation, comme un réfrigérateur ou une voiture, ne demandent qu’une à deux fois leur poids en combustible fossile et en produits chimiques, un ordinateur de 24 kilogrammes réclame au moins dix fois le sien.
Les ordinateurs recèlent nombre de substances polluantes, dangereuses pour ceux qui les manipulent au moment de leur fabrication et pour toute personne qui sera plus tard au contact des déchets électroniques, directement ou indirectement. Outre le plomb et le mercure, dont les effets néfastes sont connus, on trouve une série de composés aux noms imprononçables.
Le virage vert
Dans un avenir proche, il faudra donc que les propriétaires de grandes compagnies telles que Google, Facebook, Ebay, etc., prennent conscience qu’ils peuvent laisser une empreinte importante sur l’environnement ! La source d’énergie de leurs serveurs devra être prise en compte, pour favoriser les énergies renouvelables.
Comme quoi, il n’y a pas que les virus informatiques qui polluent !
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