L’éléphant d’Afrique, emblème en danger

Publié le 28 mai 2015 par Mélanie

Les éléphants d’Afrique sont de plus en plus menacés par le braconnage et le trafic d’ivoire. Les spécialistes estiment que d’ici les dix prochaines années, si des mesures efficaces ne sont pas mises en place, l’éléphant d’Afrique rejoindra la liste des espèces éteintes à l’état sauvage. Un constat alarmant mais tout à fait réaliste au vu du dernier recensement.

En date de 2013, il resterait moins de 500 000 représentants du géant de la brousse, soit une diminution de la population de moitié en 30 ans. Ils étaient 20 millions au début du 20e siècle. Pire encore, le taux de mortalité criminelle dépasse celui des naissances. Chaque année, de 25 à 35 000 éléphants sont massacrés chaque année pour leurs défenses.

Des carcasses d’éléphants, retrouvées en pleine brousse, avec les défenses sciées. C’est malheureusement devenu la découverte quasi quotidienne des gardes-chasse, principalement dans la partie Est du continent.

Malgré l’instauration de l’interdiction du commerce international de l’ivoire il y a 20 ans, les éléphants d’Afrique restent menacés par le braconnage pour leur ivoire. L’attrait pour l’ivoire en Extrême-Orient et plus particulièrement en Chine est aussi en pleine expansion et atteint des niveaux record. Le trafic international de l’ivoire génère des montants colossaux et du braconnage intensif. L’or blanc reste très prisé sur le continent asiatique, principalement en Chine et Thaïlande où les bijoux fabriqués dans ce matériau rare sont signe de prospérité. La destruction régulière de stocks saisis par les autorités n’est pas de nature à dissuader les braconniers de poursuivre leur œuvre. Le renforcement du contrôle des grandes réserves non plus.

Les pays pauvres aux gouvernements corrompus qui sont sollicités en permanence par d’autres nations friandes d’ivoire illégal comme la Chine et la Thaïlande. Expédié dans des conteneurs généralement, caché parmi les produits exportés légalement tels que les noix, l’ail, les coquillages et le poisson séché, ou derrière de faux planchers et cloisons. Selon l’association Traffic, spécialisée dans la traque des exportations illégales d’espèces menacées, la plus grande partie de l’ivoire de contrebande quitte l’Afrique par les ports ou aéroports kényans et tanzaniens avant de transiter par la Malaisie, le Vietnam, les Philippines ou Hong-Kong à destination de la Chine et de la Thaïlande.

 

•En février 2012, dans le nord du Cameroun, furent massacrés en quelques semaines 650 éléphants par des braconniers étrangers.
•En 2013, 41 tonnes d’ivoire illégal fut saisie.
•un kilo d’ivoire vaut plusieurs milliers de dollars.

 

 

 

Au Mozambique, le nombre d’éléphants a été divisé par deux en cinq ans, chutant de 20 000 à près de 10 000, à cause du braconnage. Le recensement des éléphants du Mozambique a été réalisé par avion sur un échantillon de 10 % du territoire, à partir duquel les chiffres ont été extrapolés.

95 % des éléphants décimés l’ont été dans la partie nord du Mozambique, où la population d’éléphants est passée de 15 400 à 6100 individus. La réserve de Niassa, qui jouxte la frontière tanzanienne et abritait jusque-là près de 70 % des éléphants au Mozambique, est particulièrement touchée.

Ces chiffres s’expliquent par la venue en masse de braconniers tanzaniens, alors que la population d’éléphants en Tanzanie a été décimée à échelle industrielle et qu’il en reste très peu.

Le principal problème est celui de la gouvernance. Le nord du pays a toujours été reclus et peu gouvernable, avec de forts niveaux de corruption. Certains policiers et douaniers se laissent facilement acheter, d’autres louent même leurs armes aux braconniers. Dans l’est du pays, les braconniers mozambicains passent également la frontière sud-africaine pour abattre les rhinocéros du célèbre parc Kruger. Sous la pression internationale, le pays a adopté en juin 2014 une nouvelle loi sur la biodiversité qui criminalise l’abattage d’animaux protégés. Avant cela, les braconniers s’en sortaient avec une simple amende pour port d’arme illégal.

Depuis, des braconniers ont été arrêtés puis jugés, mais également des agents de police et des douaniers. En avril/mai 2015, la nouvelle police environnementale a arrêté quatre officiers de l’armée qui tuaient des éléphants, y voyant des signes encourageants.

Le 14 mai 2015, la police mozambicaine a effectué la plus grande saisie de l’histoire du Mozambique — près de 1,3 tonne d’ivoire et de corne de rhinocéros, qui correspond au massacre de plus de 200 animaux. Un étranger d’origine asiatique a été arrêté, sans que la police n’ait pu pour l’instant remonter jusqu’au réseau criminel qui s’apprêtait à exporter la marchandise hors du pays.

Les défenses d’éléphants et les cornes de rhinocéros sont malheureusement très prisées en Asie, l’ivoire étant sculpté en statuettes et en bijoux tandis que les cornes finissent dans des remèdes traditionnels. Alors qu’on estime que la population de rhinocéros est éteinte au Mozambique depuis 2013, la progression du braconnage des éléphants fait également craindre pour la survie de cette espèce dans le pays.

Si le braconnage continue sur le même rythme, l’éléphant pourrait disparaître à l’état sauvage d’ici une vingtaine d’années. Plusieurs emblèmes africains sont même déjà disparus de certains pays africains, comme je viens de le mentionner pour le  rhinocéros. Les grands prédateurs aussi n’y échappent pas et sont menacés, mais pour d’autres raisons. Il faudra agir rapidement si nous ne voulons pas retrouver les grands mammifères africains uniquement dans les zoos.

 

 

 

 

 

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com