Pourquoi l’hiver au Québec est-il si froid cette année?

Publié le 5 mar 2015 par Mélanie

Alors qu’on dénote un réchauffement à l’échelle planétaire en 2015, ce dernier semble avoir oublié l’Est du Canada. En effet, le Québec est l’un des seuls endroits du globe où l’hiver a été plus froid qu’à l’habitude. Étrangement, à l’échelle planétaire, le mois de janvier 2015 fut 0,75 °C plus chaud que la moyenne de 1951-1980. Que s’est-il donc passé dans la péninsule du Labrador?

Au Québec, le mois de janvier 2015 a été le plus froid des cinq dernières années (2°C de moins que la moyenne selon Environnement Canada). Quant au mois de février, il fut aussi beaucoup plus froid que la moyenne: février 2015 se classe comme étant le mois le plus froid en 115 ans, c’est-à-dire de tous les mois de février recensés!

À Québec, le mercure est descendu jusqu’à -31 °C à l’aéroport Jean-Lesage le 24 février, fracassant le record de -26 °C qui remontait à 1970. Un peu partout au Québec, on a aussi enregistré des records de température ce matin-là. À Québec, on a connu 31 jours consécutifs sous 0°C, alors qu’habituellement on en connaît moins d’une dizaine. Pire encore, la ville de Saguenay a connu 54 jours consécutifs avec des températures au-dessous de 0 °C.

Comment expliquer ces grands froids, malgré le réchauffement climatique?

Nous subissons cette année un hiver particulièrement froid au Québec pour deux raisons, selon les météorologues :

Tout d’abord, la présence d’une zone d’air doux, de l’Alaska à la Colombie-Britannique, favorise la descente d’air arctique vers l’Ontario et le Québec.

Deuxièmement, le développement d’un faible El Niño dans l’océan Pacifique. On observe qu’en général, un El Niño fort donne lieu à des hivers doux au Québec et vice-versa.

Dans un contexte de réchauffement climatique, un hiver plus rigoureux qu’à l’habitude a donc l’air complètement contradictoire. Mais le fait que l’Arctique se réchauffe plus vite change les vents dominants, permettant ainsi à plus d’air polaire de descendre vers le sud. De plus, cet air arctique, poussé par les vents de l’ouest et du nord-ouest, crée une «barrière» qui fait dévier les dépressions du Sud, porteuses de bordées de neige, vers les Maritimes.

Dans l’Arctique, l’étendue des glaces de la banquise a été en janvier 6,3% inférieure à la superficie moyenne mesurée par les satellites de 1981 à 2010. Il s’agit de la troisième plus faible surface des glaces pour un mois de janvier depuis 1979.

Tendance à long terme?

Il est encore trop tôt pour l’affirmer, car d’un point de vu climatique, 1 ou 2 hivers exceptionnels constituent un échantillon insuffisant pour représenter une tendance à long terme. Mais même si la planète dans son ensemble se réchauffe, il se peut qu’à long terme une région en particulier se refroidisse. Mais de façon globale, sur la planète, c’est un réchauffement qu’on observe.

Les changements climatiques sont une tendance à long terme, qui s’observent sur des décennies, alors que les phénomènes de froid qu’on a vécu récemment sont de l’ordre du court terme. L’augmentation des températures c’est une chose, la répartition de la chaleur en est une autre.

À lire aussi, Temps froid: le Québec toujours seul au monde en février :

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/environnement/201503/16/01-4852722-temps-froid-le-quebec-toujours-seul-au-monde-en-fevrier.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_en-vedette_91290_section_ECRAN1POS2

Source : Environnement Canada, Météomédia, Radio-Canada

 

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Publié dans Sciences | 1 commentaire »

Une réponse

  1. aller vers ma page web dit :

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com