Quand le patrimoine mondial disparaîtra sous les eaux

Publié le 24 mar 2014 par Mélanie

venise

Qu’ont en commun la Statue de la Liberté à New York, l’opéra de Sydney en Australie, la Tour de Londres, le site archéologique de Pompéi, la place Saint-Marc à Venise ou même l’arrondissement historique du Vieux Québec? Ces sites considérés patrimoine mondial culturel par l’UNESCO sont tous menacé par la hausse du niveau de la mer.

Et la hausse du niveau des océans menace non seulement les zones côtières et mais aussi près de 20 % du patrimoine mondial de l’UNESCO. L’augmentation de la température moyenne de la planète conduit à l’élévation du niveau de la mer,  principalement en raison de la dilatation thermique de l’eau et de la fonte de glace continentale.

Selon les simulations, entre 40 et 136 des sites pourraient être affectés par la hausse du niveau de la mer sur un total de 720 sites considérés patrimoine culturel de la liste de l’Héritage mondial de l’UNESCO. Ben Marzeion et son collègue Anders Levermann sont les deux spécialistes du climat qui ont dirigé cette étude pour l’Institute for Climate Impact de Postdam en Allemagne. Selon leurs projections, la fonte des calottes glaciaires de l’Arctique et du Groenland placera les 136 sites en question sous le niveau de la mer (c’est l’équivalent de près de 20% des sites du patrimoine mondial). Parmi ces sites, outre le Vieux-Québec, on retrouve aussi le Mont-Saint-Michel en France, l’Anse-aux-Meadows à Terre-Neuve, la tour de Pise en Italie ou le palais de Westminster au Royaume-Uni pour ne nommer que ceux-là.

Une augmentation de la température d’à peine 1°C maintenue pendant 2 000 ans menacerait 40 des 720 sites culturels inscrits sur la liste de l’Unesco, ainsi que 0,7 % des terres mondiales. En cas de hausse de la température de 3°C, ce nombre s’élèverait à 136 sites (soit près de 20 % de la liste) et 1,1 % des terres.

La population mondiale tout comme un grand nombre de sites du patrimoine mondial défini par l’UNESCO est situé près des côtes. Les premières conséquences de la montée des eaux sur ces sites auront bel et bien lieu au cours du 21e siècle. En plus des enjeux économiques et environnementaux, il existe aussi des implications culturelles au réchauffement climatique. Cette étude est intéressante dans la mesure où elle permet de donner une valeur à la perte irréversible de patrimoine à long terme, en termes de vestiges historiques qui auront disparu et de zones qui ne seront plus habitables, car en cas de hausse de 3°C, entre 3 et 12 pays dans le monde perdraient plus de la moitié de leur surface actuelle.

Plusieurs sites du patrimoine mondial de l’UNESCO sont déjà en péril en raison des guerres civiles et conflits militaires (comme par exemple en Syrie), de la déforestation, d’un manque de protection adéquate,  du pillage, de l’érosion naturelle ou en raison de catastrophes naturelles (séismes, fortes pluies, incendies, etc.). Près de 70 sites font d’ailleurs partis de la Liste du patrimoine mondial en péril.

Quelques exemples :

Au Vietnam, les villages flottants de la baie de Ha Long sont emblématiques de la beauté de la région. Cependant, les changements climatiques, ainsi que l’augmentation acharnée du tourisme mondial, mettent en péril la pérennité de ce site naturel.

Les désastres naturels affectent sensiblement la protection du patrimoine mondial. En Septembre 2010, la ville historique de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a été lourdement endommagée par un tremblement de terre.

La ville historique de Trujillo, en Espagne, a été construite au 11e siècle. Avec ses remparts, elle demeure un bijou du patrimoine de l’époque médiévale. Aujourd’hui, certains éléments historiques sont en danger en raison des plans de la région pour agrandir une ferme solaire, qui produirait de l’énergie renouvelable. Même si ce développement serait bon pour l’environnement, le développement énergétique affecterait plusieurs caractéristiques de cette ville, notamment son héritage culturel et sa qualité de vie.

En Syrie, de nombreux sites archéologiques sont victimes de la guerre civile, pays dont le patrimoine est le plus riche du monde par le nombre et la variété de ses sites archéologiques, qui sont estimés à six mille. Malheureusement, selon un rapport publié en mai 2012 par le Global Heritage Fund, trois des six sites syriens classés au patrimoine mondial par l’Unesco ont été atteints par des bombardements. Le patrimoine syrien n’est pas le seul de la région à souffrir des révoltes arabes. En janvier 2011, dans des conditions qui ont suscité beaucoup de questions, des pillards se sont introduits dans le Musée du Caire.

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com