Peut-on nettoyer l’océan des déchets de plastiques?

Publié le 11 avr 2013 par Mélanie

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C’est un fait acquis pour tous aujourd’hui, la planète est divisée en 6 continents (l’Amérique du Nord et du Sud, l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Océanie), mais saviez-vous qu’il en existe un 7e dans le nord-est de l’océan Pacifique? De la taille du tiers des États-Unis,  il s’agit du continent de plastique, la Grande plaque de déchets du Pacifique, nommée aussi la grande poubelle du Pacifique.

Cette immense plaque de déchets qui recouvre des millions de kilomètres carrés et qui dérive dans l’océan Pacifique Nord a été découverte par hasard en 1997 par le navigateur Charles Moore lors d’une traversée à la voile entre Los Angeles et Honolulu. La plaque du Pacifique Nord  se composerait en moyenne de 335 000 débris par km2, avec des pics à certain endroit frôlant le million de fragments de plastique par km2. Malheureusement, il ne s’agit pas d’un phénomène unique à l’océan Pacifique, car on retrouve d’immenses plaques de déchets flottant sur tous les océans du monde. La plaque de l’Atlantique Nord, d’une taille comparable à celle de sa voisine du Pacifique, renferment jusqu’à 200 000 débris par km2.

 

Origine des déchets dans l’océan

Les déchets qui envahissent les océans proviennent à 80 % des continents, portés par le vent ou les rivières, le reste tombant des navires commerciaux. Jusqu’alors, les débris flottants étaient détruits par les micro-organismes, mais ce n’est plus le cas avec l’arrivée des plastiques, comme le poly-éthylène, le poly-propylène et le poly-téréphtalate d’éthylène, qui constituent 90 % des déchets maritimes. Ces quantités ne cessent d’augmenter et ces plastiques mettent des centaines d’années à se dégrader. On estime que 300 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde et que près de 10 % finissent dans les océans. Et ces plastiques mettent des centaines d’années à se dégrader.

Même si la lumière du soleil photodégrade quelque peu les chaînes des polymères plastiques, en les fractionnant en morceaux, ce phénomène ne fait en réalité qu’empirer les choses. Devenu plus petit, le plastique constitue une grave menace pour la biodiversité : il peut être ingéré par les poissons, les oiseaux et autres organismes marins, suscitant blessures et étouffements. L’exemple le plus classique étant la tortue qui s’étouffe avec des sacs plastiques confondus avec des méduses. Greenpeace estime qu’à l’échelle mondiale, environ 1 million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent chaque année de l’ingestion de plastiques.

L’un des meilleurs exemples (ou je devrais plutôt dire des pires) est l’île Midway en plein milieu de l’océan Pacifique. Sur cette île envahie par les débris de plastique, des dizaines de milliers de jeunes albatros meurent dès les premiers jours de leur naissance, leur estomac rempli de déchets plastiques provenant de la Grande plaque de déchets du Pacifique, rapportés inconsciemment par leurs parents, qui confondent les débris avec leur nourriture habituelle.

Visionnez la bande annonce de Midway – un film de Chris Jordan

Sans compter que ces déchets génèrent des substances toxiques dans les océans et peuvent créer un déséquilibre des écosystèmes.

Que peut-on donc faire contre ces énormes poubelles flottantes? Est-ce que c’est possible de nettoyer les océans des débris de plastique? La tâche semble titanesque vu l’ampleur des zones à nettoyer !

L’accumulation de plastique dans les océans tue directement des centaines de milliers, voire des millions d’animaux aquatiques chaque année. De plus, cette pollution aggrave le phénomène des algues nuisibles et autres espèces envahissantes, et sert en outre comme un moyen de transport pour les polluants (y compris les PCB et le DDT), qui s’accumulent dans la chaîne alimentaire.

Partant de ce constat alarmant, un jeune néerlandais de 19 ans aurait peut-être la solution au problème. Il aurait conçu une plateforme capable de nettoyer les milliards de déchets qui encombrent les océans.

Selon lui, la solution ultime à cette pollution est claire : nous devons fermer le robinet, en mettant fin à notre dépendance envers les articles jetables en plastique et les emballages. Nous avons besoin d’une meilleure gestion des déchets au niveau mondial et nous devons prendre conscience des problèmes qu’engendrent nos déchets.
Il faudra des changements radicaux sur les niveaux législatifs, industriels et individuels de la société. Malgré tout, même si nous fermons le robinet, nous avons besoin de sortir ce qui est déjà dans les océans.

Le concept : utiliser l’ennemi à notre avantage

Source : http://www.boyanslat.com

Source : http://www.boyanslat.com

Le principal problème avec les déchets de plastique dans l’océan c’est qu’ils sont constamment en mouvement. Pourquoi alors se déplacer puisque l’océan le fait déjà, à cause des courants océaniques. Afin d’économiser temps, argent et énergie, l’idée du jeune néerlandais Boyan Slat consiste à ancrer des filtres ou barrages géants à des endroits spécifiques qui débarrasseront l’océan de ses déchets flottants. Ne reste plus qu’à intercepter les débris en mouvement.

Comme nous l’avons déjà mentionné, les endroits où se concentrent les déchets de plastique couvrent parfois des millions de kilomètres et les nettoyer entraînerait surement d’énormes quantités de prises accessoires (poissons et autres faune aquatique). De plus, la taille des déchets varie énormément. En utilisant des barrages flottants au lieu de filets, des zones beaucoup plus importantes seront couvertes. Puisque son système de filtration ne possède aucune mailles, même les plus petites particules seront détournées et extraites et cela se traduira par pratiquement aucune  prises accessoires. C’est l’un des avantages les plus significatifs. Parce que le transport des débris de plastique le long des rampes est entraîné par les courants, il est suffisamment lent pour que les organismes puissent s’échapper. Bien sur, tout ceci devra être testé.

Les plates-formes seraient complètement autonomes, fonctionnant à l’énergie solaire, grâce aux courants ou aux vagues. Elles seraient même très rentables : en vendant le plastique récupéré à partir des 5 principaux lieux où se concentrent les déchets, cela rapporterait davantage d’argent que les coûts d’exploitation. En d’autres termes, cette invention pourrait être rentable.

L’étude de faisabilité est complétée à 25%. Bien que les résultats préliminaires semblent prometteurs,  l’équipe d’environ 50 ingénieurs, modélistes, experts externes et étudiants est en bonne voie. Une fois la phase d’investigation complétée, ils pourront présenter ce concept comme une solution envisageable.

Ils estiment qu’il est possible de nettoyer une zone en 5 ans. Toutefois, étant donné que les courants de surface sont largement influencés par le vent, il y ara de la variabilité selon l’endroit. Ce sera impossible d’enlever complètement tout le plastique des océans, mais approximativement le tiers de ce qui pollue les océans pourra être récupéré grâce à cette innovation. L’élément le plus important sera la combinaison d’extraction des océans et la prévention sur les continents afin de réussir à débarrasser nos océans des déchets de plastiques. Pour y arriver, nous avons tous un rôle à jouer en diminuant notre surconsommation et en prenant soin de recycler nos déchets de plastique.

Pour en savoir plus : http://www.boyanslat.com/in-depth/

À lire aussi : À la découverte du continent de plastique

 

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6 Réponses

  1. Nesrine dit :

    Je voudrais , vous dires ! chapeau j’adore ce que vous faites , c’est vrai nous devons lutter contre la pollution des océans mais le problème beaucoup de personne ignorent et refuse d’intervenir.. c’est aussi au gouvernement d’agir. Il faut agir ,c’est notre devoir , nous avons juste une planète. en tous cas merci beaucoup c’est excellent , sa m’a aidé pour mon éxposé.

  2. Michel Vegan dit :

    Merci Mélanie pour ce fabuleux article qui se doit de circuler autant que ces nappes de plastique et contaminer tout ceux qui ont les moyens d’y remédier et inverser ce processus de régénérescence chronique !

  3. Michel Vegan dit :

    …correction; plutôt, dégénérescense chronique pour régénérer nos océans ;)

  4. Mélanie dit :

    Merci de visiter mon blogue et de laisser des commentaires, c’est toujours plaisant de vous lire :)

  5. Alain Gillares dit :

    Bonjour Mélanie,bravo pour votre « reportage »j’ai naturellement vu d’autres videés (malheureusement en anglais ou autre que je ne comprends pas)je voudrai bien me pencher et me ‘donner’ pour cette cause,mais avec des idées (car je suis un futur retraité qui sera encore plus fauché)mais j’ai des idées et je voudrai avoir plus d’infos pour nettoyer cette énorme problème!Ou trouver des infos ou des contacts qui parlent soit français soit allemand (c’est tout)car si j’ai bien compris ce problème existe aussi dans l’hémisphère sud,Donc il faut réagir!
    Merci pour vos infos
    Cordialement
    Alain

  6. jocelyne dit :

    Bonjour

    c’est terriblement triste que tant d’animaux et oiseaux meurent à cause de notre insoucianceee.

    Il faut faire beaucoup de films-reportages et de pressions pour les faire diffuser souvent à la télévision. Il faut sauver ces pauvres bêtes souffrantes et INNOCENTES.

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com