Que se passe-t-il dans le fleuve Saint-Laurent ?

Publié le 26 oct 2012 par Mélanie

Emblème de la fragilité du Saint-Laurent, le béluga est un mammifère marin exceptionnel. Crédit photo : GREMM

Décidément, il se passe quelque chose d’inhabituel dans le fleuve Saint-Laurent cette année. Non seulement cet été la température moyenne de l’eau a connu une augmentation sans précédent, mais de nombreux cas de mortalité dans les populations d’oiseaux, de poissons et de mammifères marins ont été recensés.

Pour tenter d’y voir plus clair, nous avons posé nos questions directement à M. Robert Michaud, directeur des programmes de recherche du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) et coordonnateur du Réseau québécois d’urgence pour les mammifères marins. Mais tout d’abord, voyons plus en détails ce qui caractérise le béluga du Saint-Laurent, dont l’état de santé est déjà inquiétante.

La population de bélugas du Saint-Laurent, unique au monde

Dans le Saint-Laurent, 13 espèces de mammifères marins cohabitent. Parmi celles-ci, le béluga, espèce emblématique de la fragilité du fleuve. La population qui vit ici est unique au monde. Cette population, isolée des autres vivant dans l’Arctique, est même distincte d’un point de vue génétique. C’est d’ailleurs la population de bélugas qui vit le plus au sud de son aire de répartition, très proche des activités humaines et des zones fortement industrialisées. Dans le reste du monde, on retrouve les bélugas seulement dans les régions arctiques et subarctiques de l’hémisphère Nord, entre le 50e et 80e parallèle.

Cet animal social, qui peut atteindre 6 mètres de long, est plus grand que la moyenne des dauphins, mais plus petit que la majorité des autres espèces de baleines. L’absence d’aileron dorsale et son énorme bosse sur le front sont des caractéristiques uniques qui distinguent le béluga. Les mâles adultes sont généralement plus grands que les femelles, et peuvent peser jusqu’à une tonne et demie. Le petit nouveau-né du béluga est appelé « veau » et mesure à la naissance environ 1,50 mètre et pèsent 80 kg. Les bélugas ont une espérance de vie d’environ 60 ans.

Le béluga, ou marsouin blanc, dispose d'un des sonars les plus sophistiqués de tous les cétacés. Crédit photo : GREMM

L’été dernier, une mortalité inhabituelle de nouveau-nés est survenue dans le Saint-Laurent. Pas moins d’une quinzaine de carcasses de veaux ont été trouvées dans le Bas-St-Laurent en moins de deux mois. Pour essayer d’en savoir plus sur ce phénomène inquiétant, M. Michaud a bien voulu répondre à mes questions.

Écoutez l’entrevue avec M. Robert Michaud, directeur du GREMM

Algue toxique ?

Un autre hypothèse a été avancée sur la mortalité des jeunes bélugas. Des chercheurs estiment entre autres que l’apparition d’algues toxiques constituerait une hypothèse possible dans la mortalité d’oiseaux dans le golfe St-Laurent. Une hypothèse avance que les nouveau-nés seraient morts suite à l’abandon de leur mère, qui serait malade en raison de cette algue neurotoxique. Encore une fois, cette hypothèse reste à confirmer aussi.

Merci au GREMM pour sa précieuse collaboration à cet article.

Pour plus d’informations, visiter le site Baleines en direct, une mine d’or d’informations sur les mammifères marins du Saint-Laurent.

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Publié dans Biologie | 1 commentaire »

Une réponse

  1. Chloé Daigle dit :

    Je trouve sa vraiment bizarre. Mais pensez-vous ce que sa pourrais être en rapport avec les déversements d’égouts dans le fleuve?

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com