Les sables bitumineux, un fardeau environnemental exorbitant

Publié le 5 oct 2012 par Mélanie

Le ministère de l’Environnement de l’Alberta a déclaré le 4 octobre 2012 que deux exploitants des sables bitumineux, Suncor et Syncrude, ne pouvaient être tenus responsables de la mort de 551 oiseaux migrateurs s’étant posés sur leurs bassins de résidus toxiques. Cette mortalité s’expliquerait selon les exploitants par les mauvaises conditions météorologiques.

En vérité, ces oiseaux ne sont pas morts à cause du mauvais temps, mais plutôt parce que leur habitat naturel a été remplacé par des lacs de boues toxiques.

Pour mettre la main sur cette énergie fossile, il faut payer un prix exorbitant sur le plan environnemental. En effet, l’extraction du pétrole des sables bitumineux consomme beaucoup plus d’énergie que l’exploitation des puits de pétrole traditionnels et émet une grande quantité de gaz à effet de serre (GES). Cette exploitation utilise aussi énormément d’eau. La transformation des sables bitumineux nécessite en effet une quantité d’eau très importante, équivalente à la consommation quotidienne d’une grande ville.

Une image vaut mille mots...

Qu’est-ce que sont les sables bitumineux ?

Mélange de bitume, de sable et d’argile, les sables pétrolifères sont enrobés d’une pellicule d’eau sur laquelle se dépose le bitume. Les sables bitumineux ne sont pas une source de pétrole ordinaire. On ne le pompe pas.

Après extraction et transformation des roches sablonneuses, on obtient du bitume, liquide visqueux et nauséabond, qui, une fois raffiné, produit notamment du gazole et du kérosène. Le bitume est un mélange d’hydrocarbures qui se présente sous forme liquide ou solide.

L’extraction des hydrocarbures contenus dans les sables bitumineux nécessite la mise en pratique de techniques de mines à ciel ouvert. Foreuses et camions perforent donc le sol afin d’extraire les précieuses roches… au détriment de la forêt boréale.

Les sables bitumineux de l’Alberta représentent le plus important projet d’investissement mondial actuel et marque la fin du pétrole à bas prix.

La plupart des grandes sociétés d’État et des multinationales pétrolières ont investi dans cette industrie qui représente aujourd’hui le plus important chantier énergétique de la planète. Ces entreprises devront faire face à une augmentation radicale de leurs responsabilités financières et de leur empreinte carbonique.

Ce pétrole est destiné pour 70% aux Etats-Unis pour qui le Canada constitue désormais la première source d’approvisionnement en pétrole devant l’Arabie Saoudite.

Des résidus qui empoisonnent l’environnement

La transformation des produits obtenus rejette dans l’atmosphère des gaz toxiques tels que l’anhydride sulfureux, qui est responsable de l’acidification des lacs et des forêts.

Les répercussions environnementales de l’exploitation des sables bitumineux sont négatives et les dommages qu’elle cause irréversibles, tant pour la forêt boréale que pour la qualité de l’air et des réserves d’eau.

Après transformation, les eaux usées sont chargées de métaux lourds, de solvants tels que du mercure, de l’arsenic, du méthane ou encore du benzène. Une partie est reversée dans la rivière après nettoyage; quand elles sont trop sales, elles sont déversées dans les étangs situés à proximité de l’usine et seront réutilisées pour l’extraction du bitume. Ces étangs de résidus sont tellement grands qu’il est même possible de les voir à l’oeil nu depuis l’espace!

Récemment, des résidents de Fort Chipewyan (une collectivité des Premières Nations située en aval des projets d’exploitation des sables bitumineux) ont commencé à faire connaître publiquement leurs inquiétudes quant aux effets de la pollution de l’eau sur leur santé. Depuis que l’exploitation des sables bitumineux s’est accélérée ces dernières années, ils ont constaté dans leur collectivité une incidence accrue de cancers et de maladies telles que le lupus et la sclérose en plaques.

Est-ce que détruire l’environnement pour s’enrichir à court terme en vaut vraiment la peine ?

Source : Greenpeace et Radio-Canada.

  • Facebook
  • Twitter
  • E-Mail
  • Google Bookmarks

2 Réponses

  1. Benbb96 dit :

    C’est vrai que cela semble énormément consommateur d’énergie pour en produire moins… Mais l’essence est nécessaire dans nos pays, même si tout le monde sait qu’il n’y en aura bientôt plus.
    Sera t-il possible de modifier ce chantier pour le rendre moins polluant une fois l’extraction des sables bitumineux ?

  2. Mélanie dit :

    Ce que peu de gens savent malheureusement, c’est que la production d’un baril de pétrole provenant des sables bitumineux émet 2 à 3 fois plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère que le pétrole conventionnel, et que les bassins de rétention des eaux usées toxiques ne cessent de croître…

Laissez un commentaire

Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com