La Grande muraille verte

Publié le 3 oct 2012 par Mélanie

Les changements climatiques et les actions anthropiques, en particulier les territoires saturés et dégradés, le surpâturage et la transhumance, les défrichements, les feux de brousse, les pratiques agricoles non appropriées et la surexploitation des sols peu productifs sont autant de faits qui ont favorisé et aggravé l’avancée de la désertification et la dégradation des terres en Afrique. Le projet de la Grande muraille verte a été mis sur pied afin d’enrayer la désertification des régions subsahariennes, le Sahel. Annoncée en 2002 lors d’un sommet spécial à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre la désertification, la Grande muraille verte est un projet qui touche pas moins de onze pays africains.

En 2010, 70 % des terres arides de la planète étaient déjà soumises à la désertification, soit 3,6 milliards d’hectares. L’ampleur du phénomène est en grande partie due au fait qu’une fois déclenché, le processus de désertification est un cercle vicieux. La dégradation est de plus en plus importante, jusqu’à provoquer des conséquences dramatiques… à moins d’une action pour rompre cette dynamique.

Au sud de la région hyperaride que constitue le Sahara se trouve le Sahel, une zone de transition entre le désert et la savane africaine. Cette immense région s’étend de l’Atlantique à l’ouest jusqu’à la mer Rouge à l’est. Elle regroupe plusieurs pays africains (le Sénégal, la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Nigéria, le Soudan, le Burkina Faso, le Tchad, le Soudan, l’Éthiopie et le Cap-Vert) parmi les plus pauvres du monde; leur économie reposant principalement sur l’agriculture et l’élevage. Le Sahel produit beaucoup de céréales et du coton, mais est aussi une zone agropastorale par excellence ; l’élevage des bovins, ovins et caprins y est très développé.

L'économie des pays sahéliens repose essentiellement sur l'agriculture. Ils figurent parmi les pays les plus pauvres du monde.

Comme on le sait, l’agriculture (surtout de céréales et de coton) et l’élevage dans des zones semi-arides sont des activités qui demandent beaucoup d’eau et peuvent devenir exigeantes pour les terres utilisées. Pour répondre à la pression démographique, les terres sèches sont surexploitées par les agriculteurs. Les forêts sont victimes du pâturage, des cultures sur brûlis et des besoins en bois de chauffage. Les interactions entre cette utilisation abusive de l’environnement par l’homme et les sécheresses répétées sont la cause fondamentale des problèmes vécus au Sahel.

Selon la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, environ soixante millions de personnes devraient abandonner les zones désertifiées de l’Afrique subsaharienne pour l’Afrique du Nord et l’Europe entre 1997 et 2020.

Le plus grand désert du monde

Autrefois une oasis tropicale (il y a 10 500 ans, on retrouvait une végétation de savane à cet endroit), le Sahara est devenu, il y a 7 000 ans, cette vaste étendue de sable que nous connaissons aujourd’hui. Une aridité extrême et des vents violents caractérisent le plus grand désert du monde. Ceux-ci emportent le sable sur de très grandes distances, érodent les rochers et empêchent complètement toute visibilité lors de grandes tempêtes.

Le Sahara couvre 12 millions de kilomètres carrés dans le nord de l'Afrique

Les moyens pour lutter contre la désertification

Les Sahéliens rivalisent de solutions ingénieuses pour lutter contre la désertification. Ils utilisent des barrières végétales pour protéger le sol du vent : des haies brise-vent autour des champs, du clayonnage sur les dunes. Lorsqu’ils ne se servent pas de branchages, ils choisissent les plantes en fonction de leur résistance aux conditions d’extrême sévérité de climat et de sol (faible pluviométrie, vents violents et desséchants) et de leur intérêt économique.

Jusqu’à présent, la Grande Muraille verte a fait couler plus d’encre qu’elle n’a reverdi le Sahel. Lancé en 2007 par les chefs d’État africains, ce projet dont la folle ambition est de transformer une bande de terres arides de 7 600 km sur 15 km en rideau végétal pour lutter contre la désertification demeure à l’état embryonnaire dans les 11 pays du Sahel concernés. Quand il n’est pas, pour des raisons d’instabilité comme au Mali, tout simplement remis à des jours meilleurs.

Les objectifs du projet

  • Réduire l’érosion des sols grâce à la présence de végétaux;
  • La restructuration des sols dégradés;
  • L’accroissement de la reforestation;
  • La relance, le développement et la diversification de l’agriculture et de l’élevage;
  • La restauration, la conservation et la valorisation de la biodiversité végétale et animale;
  • L’accroissement de la couverture des besoins locaux en produits forestiers;
  • L’amélioration du niveau de vie et de la santé;
  • Freiner l’exode rural;
  • Maîtriser les ressources en eau.

La muraille verte est un projet ambitieux de rideau végétal pour lutter contre la désertification. Elle devrait mesurer 7 600 km de long sur 15 km de large.

La FAO, qui organisait le 24 septembre dernier à Rome une réunion pour dresser un état des lieux du projet panafricain, fait partie avec le Fonds mondial pour l’environnement, la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification et l’Union européenne (UE) des quelques institutions à apporter un soutien financier et un appui technique.

De nombreux efforts menés depuis les années 1970 pour mettre en place une « ceinture verte » pour bloquer l’avancée du Sahara (vers le nord et vers le sud) se sont presque tous soldés par des échecs. Reste à voir si la Grande muraille verte réussira là ou d’autres ont échoué.

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Une réponse

  1. onac dit :

    au lieu de dépenser des milliards de dollars pour des guerres en Afrique, voici une bonne occasion pour les occidentaux de mieux dépenser leur argent!

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com