L’Europe submergée par le froid : le Petit âge glaciaire pourrait-il survenir à nouveau ?

Publié le 22 fév 2012 par Mélanie

Déjà à l’automne 2011, des météorologues britanniques prévoyaient un hiver 2012 très froid en Europe. Les spécialistes britanniques ont fait ces conclusions à la base de l’analyse des changements des températures océaniques et de l’intensivité des courants de l’Océan Atlantique qui, selon les chercheurs, définissent le caractère de l’hiver en Europe, y compris dans la partie européenne de la Russie. Comme on l’a vu dans les médias, depuis la fin de janvier 2012, l’Europe subissait des chutes de températures inhabituelles et des précipitations sous forme de neige abondantes. À la fin février, la vague de froid inhabituelle faisait déjà plus de 600 morts, principalement en Ukraine et en Pologne. Même la neige n’as pas épargné Rome, où des photos impressionnantes des vestiges romains recouverts de neige on circuler sur Internet.

Il faut remonter à plus de 25 ans pour voir de telles chutes de neige à Rome

La vague de froid meurtrière a débuté le 27 janvier 2012 a particulièrement touchée l’Est de l’Europe et la région de la mer Noire. En date du 11 février dernier, plus de 600 décès avaient été enregistrés en raison de cette vague de froid. De spectaculaires chutes de neige n’ont pas épargné le sud de l’Europe, au climat habituellement doux. Plusieurs dizaines de centimètres de neige ont recouvert des villes en Italie et même l’Algérie! À la mi-février, la neige a paralysé de nombreux Algériens, car plusieurs d’entre eux n’ont même pas de chauffage. En Suède, un homme a été retrouvé dans sa voiture recouverte par la neige. La personne serait restée deux mois coincée, sans nourriture, alors que les températures sont parfois descendues à -30 °C. Il a été retrouvé totalement par hasard. Sa survie pourrait s’expliquer par sa léthargie, un état proche de l’hibernation disent les médecins.

En Roumanie, la neige a enseveli voitures et maisons, et des ponts aériens ont dû être mis en place pour approvisionner certaines régions (LeMonde)

Cette vague de froid nous rappelle le Petit âge glaciaire, survenu à la fin du Moyen-Âge. Mais pourrait-il se produire de nouveau ?

En Hongrie comme en République Tchèque, les températures du 12 février sont descendues sous les 25 degrés celcius et pourraient même atteindre les moins 40 degrés dans les montagnes tchèques

Par Petit âge glaciaire, on entend normalement la période qui va de la fin du 16e siècle jusqu’aux années 1850-1860, période caractérisée par une forte crue des glaciers alpins, avec quelques maxima autour de 1600, au cours du 17e siècle, vers 1820 et finalement dans les années 1850. Le terme « Petit âge glaciaire » désigne donc la période d’extension maximale des glaciers à l’époque moderne. En Europe, ce phénomène correspond à une série de mauvaises récoltes, de famines et de plusieurs catastrophes naturelles.

Le début du Petit âge glaciaire n’est pas établi de manière précise, mais les différentes indications que l’on trouve dans la littérature scientifique semblent d’une manière générale renvoyer son début à la fin du Moyen Âge. Quelques grands évènements climatiques peuvent donc être soulignés comme des points de repère d’un Petit âge glaciaire étendu du XIIIe siècle au milieu du XIXe siècle :

  • 1250 : début de l’extension de la calotte glaciaire en Atlantique ;
  • 1300 : les étés jusqu’alors chauds cessent de l’être de façon nette ;
  • 1315 : Grande famine de 1315-1317 ;
  • 1550 : début théorique de l’expansion mondiale des glaces ;
  • 1650 : premier minimum climatique.

Est-ce qu’un refroidissement de cette ampleur pourrait être à nouveau possible?

Le réchauffement climatique menace de refroidir l’Europe

Aussi étrange que cela puisse paraitre, le réchauffement global provoque des hivers plus froids. Les glaciers, en reculant, laissent de vastes surfaces d’eau à découvert. À la différence des glaciers, celles-ci absorbent intensément le rayonnement solaire qui les réchauffe.

Avec la fonte des glaces en Arctique, l’eau douce s’accumule de plus en plus dans l’océan arctique. Selon certains scientifiques britanniques, cette eau douce serait capable à terme de refroidir les températures européennes, ce qui empêcherait la régulation thermique opérée grâce au courant océanique du Gulf Stream. Les températures en Europe pourraient être refroidies par une grande piscine d’eau douce sous la banquise et qui ne cesse de s’étendre dans l’Océan Arctique, exerçant un ralentissement des courants océaniques.

En effet, des scientifiques de l’Université de Londres et du Centre National d’Océanographie de Grande-Bretagne estiment que la surface de la mer arctique aurait augmenté de 15 cm depuis 2002. Pour ce faire, les chercheurs se sont servis des satellites pour mesurer la hauteur de la surface de la mer entre 1995 et 2010.

Or, le bilan s’est avéré lourd : 8 000 kilomètres cubes d’eau douce en plus. C’est près de 10 % de l’ensemble de l’eau douce contenue dans l’Océan Arctique. Ce phénomène est directement lié à la fonte des glaces qui s’opère en raison du réchauffement climatique depuis une dizaine d’années.

Plus inquiétant encore, selon l’étude britannique, cette piscine d’eau douce pourrait se déverser dans le reste de l’Océan Arctique et même jusqu’au nord de l’Océan Atlantique si le vent change de direction, ce qui a lieu tous les dix ans environ. L’eau douce qui s’accumule dans l’océan Arctique pourrait venir donc priver l’Europe des effets cléments du Gulf Stream. Ce phénomène pourrait refroidir l’Europe en ralentissant un courant océanique en provenance du Gulf Stream qui permet à l’Europe de conserver un climat relativement doux en comparaison à d’autres pays situés sur les mêmes latitudes.

Après la vague de froid, les inondations

Comme si les nouvelles n’étaient pas assez mauvaises, le redoux après cette vague de froid et de neige abondante pourrait avoir de sérieuses conséquences en Europe centrale et en Europe de l’Est. C’est du moins ce que prévoit l’agence des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe, qui avertit, mardi 21 février, que les régions paralysées par la neige et la vague de froid cet hiver devront faire face à un risque de graves inondations au printemps.

Les températures en Bulgarie et en Roumanie devraient s’élever entre 8 et 10 °C au cours des dix prochains jours, faisant fondre la glace le long du Danube. Alors que des milliers de personnes restent bloquées par la neige de la Serbie à la Bulgarie, il y a des signes avant-coureurs d’inondations destructrices pouvant provoquer des pertes en vies humaines et en biens économiques. Les zones sans infrastructures adéquates pour gérer les inondations – telles que barrages ou digues – seront particulièrement touchées.

À la suite des crues de l’Elbe et du Danube en 2002, la Commission européenne avait mis en place le système européen d’alerte des inondations. La SIPC a estimé que le dégel annoncé pourrait mettre ce système à l’épreuve à plus grande échelle encore.

L’hiver 2012 a été rude pour l’Europe : chute de neige de plus de 2 mètres, routes impraticables, froid sibérien, fermetures d’écoles, annulation de vols et de trafic maritime durant plusieurs jours et la conséquence la plus fâcheuse, la mort de plus de 600 personnes. De plus, les centrales pour la production d’électricité fonctionnent à plein régime depuis le début janvier. L’Allemagne a même du acheter de l’électricité à l’Autriche. Dans plusieurs pays, les équipements de déneigement sont plutôt déficients, alors on peut facilement imaginer le chaos qui a pu régner dans de nombreuses villes européennes. Espérons que le printemps leur sera plus clément!

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3 Réponses

  1. Georgiane dit :

    Bonjour, j`aime savoir ce qui se passe ailleurs,
    et cette émiission est superbe et il y a beaucoup
    de détails… merci…

  2. Georgiane et J.C dit :

    Bonjour, j`aime savoir ce qui se passe ailleurs,
    et cette émission est superbe et il y a beaucoup
    de détails… merci… cela me fait un peu peur quand même de tout savoir les catastrophes qui arrivent un peu partout mais au moins éventuellement on peut se préparer mentalement…

  3. MASSI dit :

    moi personnellement je vit en Algérie j’ai jamais vus une vague de froid de cette empaleur quinze jours de neige au mois de février avec une accumulation de neige du jamais vus moi je ne suis pas spécialiste en climatologie mais je dirais qu’il y’à quelques chose qui n’ vas pas dans cette affaire alors je dirais peut être que les courants marins dans l’atlantique sont entrain de changer et d’apporter une modification générale sur la planète surtout l’Europe qui va voir son climat changer dans les années à venir

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com