Les requins sont-ils l’avenir de l’homme?

Publié le 7 oct 2011 par Mélanie

Depuis toujours, les humains craignent les requins, ce redoutable prédateur qui sillonne les mers. Tous les ans, quelques humains aventureux font les frais de leurs dents acérées. On n’a qu’à écouter le film Jaws sorti en 1975 pour s’en convraincre! D’ailleurs le grand requin blanc n’a t-il pas le surnom de «mangeur d’hommes»? Heureusement, cette image négative est entrain de changer. Cet animal pourrait en effet sauver la race humaine!

Des travaux de chercheurs américains du centre médical de l’université de Georgetown, à Washington, ont mis en évidence que la squalamine, une substance que les requins produisent dans leur foie et qui pourrait permettre de combattre certains virus humains, allant de l’hépatite à la fièvre jaune.
En effet, grâce à cette substance, les virus dont sont affectés les requins, sont contenus voire totalement éradiqués dans certains cas.

Les requins sont apparus au cours du Dévonien. Les plus anciens fossiles dateraient de 430 millions d’années, soit près de 200 millions d’années avant les premiers dinosaures et 428 millions d’années avant l’être humain et ont relativement peu évolué depuis. Il s’agit donc d’animaux plutôt primitifs. Pourtant, ils semblent résister mieux que plusieurs autres espèces marines aux assauts de la modernité. Par exemple, on évalue que 27 % des bélugas du fleuve St-Laurent mourront d’un cancer dû à la pollution de l’eau, tandis que les requins, présents dans presque tous les océans du globe, développent très rarement des tumeurs, en plus d’être particulièrement résistants aux virus et aux bactéries.

Les requins sont pêchés depuis fort longtemps dans les océans, et leur chair est considérée comme excellente. Sur les bateaux, on utilisait leur huile pratiquement pour tout. On a découvert un peu par hasard que le squelette du requin était entièrement en cartilage, et qu’on pouvait l’utiliser pour reconstituer le cartilage dans l’organisme humain, le liquide des symphyses qui graisse les articulations et améliorer la fléxibilité des articulations. C’est un remède apprécié contre les inflammations arthritiques et l’arthrose, qui atténue aussi les douleurs. Les fractures et autres blessures osseuses guérissent plus vite.

Riche en calcium, phosphore, collagène et acides aminés, le cartilage de requin apporte également du sulfate de glucosamine et agit comme anti inflammatoire, en plus de restreindre fortement la souffrance en cas d’ostéoarthrite et d’arthrite. Il aide à l’assimilation du calcium et, de ce fait, à la minéralisation des os. On doit cependant préciser qu´il faut faire très attention dans la prise de cartilage de requin en complément alimentaire car cela peut empêcher la formation de nouveaux vaisseaux sanguins. Les femmes enceintes ou qui allaitent ainsi que les personnes qui ont subi une intervention chirurgicale, qui ont des plaies ouvertes ou qui sont atteintes de trouble de la circulation périphérique ou des artères ne doivent donc en aucun cas y avoir recours. Il en est de même pour les enfants en pleine croissance, car si le cartilage de requin peut fortifier leurs os, son action anti-angiogénique peut altérer le développement de leurs organes et de leurs tissus. En fait, le cartilage de requin est surtout bénéfique aux personnes âgées car il permet aussi de retarder le vieillissement de la peau et des os.

Lutter contre les bactéries
La squalamine a d’abord intéressé les scientifiques pour son potentiel comme agent antibactérien. Alors que de plus en plus de bactéries développent une résistance aux antibiotiques traditionnels, la squalamine pourrait présenter une alternative intéressante dans ce domaine.
Les scientifiques ont découvert que la squalimine, secrétée par le foie des requins et qui constitue une partie de son système immunitaire, parvenait à limiter la progression d’infections virales chez les animaux et même dans certains cas à la guérir.

C’est à partir du foie d’un petit requin appelé aiguillat commun qu’a été extraite pour la première fois cette substance baptisée squalamine. Déjà testée dans le traitement du cancer, de certaines tumeurs et en ophtalmologie, cette molécule, découverte en 1993 par le professeur Michael Zasloff, aurait également une action antivirale aussi large que puissante. Le Pr Zasloff rassure tout de suite les défenseurs des requins : il n’y a pas besoin de tuer les requins pour obtenir des quantités de cette substance qui peut maintenant se synthétiser en laboratoire.

Selon l’étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, des cultures en laboratoire ont montré que cette substance pouvait « inhiber l’infection de cellules sanguines par le virus de la dengue ainsi que l’infection de cellules du foie humain par l’hépatite B et D », selon les conclusions de l’étude.

Dans deux expériences de laboratoire et sur l’animal, le composé vient de démontrer une forte activité antivirale contre ces agents pathogènes humains, dont certains ne peuvent plus être traités efficacement.

Une molécule très prometteuse
Il faut savoir que la squalamine constitue, pour le requin, une partie de son système immunitaire et c’est d’ailleurs pour cela que le professeur Zasloff s’y est intéressé. Initialement, il a cherché à comprendre pourquoi cet animal ne développait que très rarement de tumeur et de cancer. La façon dont la substance agit en virologie n’est pas encore très claire, mais il semble que la molécule attaque la membrane des cellules infectées en entraînant la mort du virus. En revanche, les cellules saines demeurent très peu sensibles à l’activité de la squalamine.

Selon le professeur Michael Zasloff, le découvreur de la squalamine, cette molécule sans danger pour l’homme serait « une substance prometteuse qui, dans son principe actif et sa structure chimique, n’a rien de commun avec d’autres matières actuellement à l’étude pour traiter les virus » : son dosage idéal selon lui n’est pas encore déterminé avec précision mais le chercheur entend procéder à des essais sur l’être humain. Par ailleurs, la squalamine, sans danger pour l’homme, avait déjà été envisagée pour traiter les maladies ophtalmiques et des recherches sont actuellement en cours.

On teste la squalamine sur des patients malades du cancer, car la substance active pourrait empêcher l’implantation des métastases. À l’heure actuelle, aux États-Unis, on est en phase 3 des tests (la dernière avant la mise sur le marché) pour le traitement du cancer de l’ovaire et de la dégénérescence maculaire liée à l’âge en ophtalmologie.

Les expérimentations pratiquées sur les animaux montrent un arrêt de la croissance et une réduction de la masse tumorale. Par ailleurs, seul le requin, dans tout le règne animal, n’est jamais touché par le cancer.

Un des défis qui attendent les scientifiques est de trouver le dosage exact de squalamine pour obtenir des résultats bénéfiques sans être toxique. Grâce à la squalamine synthétique, développée en laboratoire, on peut s’attendre à ce que les recherches avancent rapidement, et sans porter atteinte à la population de requins, déjà victime de la pêche et du braconnage.

Nous pourrions peut-être tirer profit du système immunitaire du requin pour faire de tous ces composants antiviraux des agents qui protégeraient l’humain d’une large variété de virus
De quoi réconcilier l’homme avec le requin!

On devrait donc changer le titre du film «les dents de la mer» pour les dons de la mer! De quoi réconcilier l’homme avec le requin!

  • Facebook
  • Twitter
  • E-Mail
  • Google Bookmarks
Publié dans Biologie | 1 commentaire »

Une réponse

  1. John dit :

    Bonjour,Avez vous vu le reportage de France 2 « 13h15 le saedmi » traitant du proble8me. On est reparti pour « Les dents de la mers » et c est n importe quoi !!

Laissez un commentaire

Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com