Les puits de carbone, une solution viable?

Publié le 14 juin 2011 par Mélanie

Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faudrait diminuer la quantité de CO2 présent dans l’atmosphère. Certes, réduire notre consommation en énergie fossile serait la solution idéale, mais s’avère difficile à mettre en place, à cause de notre énorme dépendance envers ces ressources. Certains chercheurs ont eu l’idée, il y a quelques années, de tirer profit de la capacité des arbres à capter le CO2 présent dans l’air. Les arbres sont alors devenus des puits de carbone capables de diminuer la concentration du CO2 dans l’atmosphère. Idée audacieuse, mais est-ce vraiment une solution viable?

Parmi les solutions apportées depuis le début du 21e siècle pour lutter contre le réchauffement climatique, les puits de carbone sont apparus comme une solution plutôt inattendue. On a donc misé sur les arbres et sur les forêts pour capter l’excès de CO2 présent dans l’atmosphère.

Comme nous, les arbres respirent et rejettent du CO2 dans l’air. Le jour, grâce à l’énergie solaire, ils absorbent le CO2 de l’air pour fabriquer leurs tissus. Pour être des puits de carbone efficaces, les arbres doivent absorber plus de CO2 qu’ils n’en rejettent par la respiration. En période de pleine croissance, pas de problème. L’arbre absorbe du carbone pour grandir. Mais que se passe-t-il quand la forêt vieillit ?

Avant de mettre en pratique le concept de puits de carbone, il faut non seulement comprendre la dynamique du carbone dans les différents tissus de l’arbre, mais aussi connaître les quantités de CO2 que chacune des grandes forêts du monde capte ou émet. La plus vaste, c’est la forêt tropicale. Située surtout au centre de l’Afrique et en Amérique du Sud, en Amazonie, elle couvre 17 millions de kilomètres carrés. La deuxième en importance, c’est la forêt boréale, dans l’hémisphère Nord. Chez nous, au Canada, cette forêt s’étend sur 4 millions de kilomètres carrés. Au nord de l’Asie, en Sibérie, c’est plus encore : 9 millions de kilomètres carrés.

Des poumons essoufflés

Depuis toujours, on surnomme la forêt tropicale les «poumons de la planète ». Les résultats risquent fort de bouleverser cette image que l’on a des «poumons de la planète ». Avec son climat chaud, cette forêt semble rejeter plus de CO2 qu’elle n’en capte.

Et la forêt boréale ? Se révèle-t-elle un bon puits de carbone ? Prenons la forêt Montmorency au Québec. Dans son état actuel, elle rejette elle aussi plus de CO2 dans l’atmosphère qu’elle n’en capte. En somme, ses beaux sapins sont trop vieux pour être de bons puits de carbone. Pour contrer ce phénomène, il existe une autre solution. Planter, sur des terres en friche, des arbres jeunes, en pleine croissance, les seuls capables de fixer en abondance le carbone.

Combien d’arbres? Beaucoup. Un exemple : pour capter les émissions de CO2 rejetées par une voiture pendant un an, il faut 10 000 mètres carrés de forêt boréale, soit 2000 sapins. Imaginez la superficie de sapins qu’il faudrait planter pour capter le trop plein de CO2 que nous émettons à l’échelle de la planète. Il faudrait 23 millions de kilomètres carrés. Plus que toute la forêt tropicale existante. Et encore ! Des données récentes suggèrent que les arbres ne sont des puits de carbone efficaces que durant les trois premières années de leur croissance.

La solution idéale?

Plusieurs croient que les puits de carbone seraient une façon de se décharger de la responsabilité de réduire les émissions de CO2, ce qui n’est pas totalement faux!

Source : Les puits de carbone, des arbres au secours du climat

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com