Pourquoi les inondations printanières sont-elles aussi exceptionnelles en Montérégie ?

Publié le 6 mai 2011 par Mélanie

C’est la question qu’on se pose, qu’on habite la région ou non. Du lac Champlain à Sorel, certains ont troquer la voiture pour le kayak, car le niveau des eaux est exceptionnellement élevé. Depuis le déluge du Saguenay en 1996, ce sont les pires inondations. J’ai donc décidé de faire un petit sommaire des informations sur le sujet! Voici donc l’essentiel, pour mieux comprendre.

Depuis la fin du mois d’avril, les inondations en Montérégie sont devenu une situation que l’on peut maintenant qualifier d’exceptionnelle. Des centaines de résidents ont peur pour eux-mêmes et pour leurs maisons et c’est compréhensibles lorsqu’on voit l’ampleur du phénomène à la télévision. Un premier contingent de militaires canadiens de la base de Valcartier est d’ailleurs arrivé le 5 mai dans les zones inondées pour prêter main-forte aux autorités locales et aux citoyens.

D’où vient toute cette eau ?

La crue du Richelieu est exceptionnelle, un phénomène qui n’avait pas été vu depuis un siècle, au moins. Comment expliquer ces inondations? Tout d’abord, la rivière Richelieu était en crue printanière depuis quelques semaines. En avril, il restait encore de la neige dans les Adirondacks (ce massif montagneux du nord-est de l’État de New York au États-Unis) non loin du lac Champlain. L’eau dans le lac a donc continué de monter. Par la suite est survenu des épisodes d’orages avec de grands vents, suivit de plusieurs jours d’averse (comme à plusieurs autres endroits du Québec).

Photo: Adapté d'une carte du Centre de prévision des crues du Québec En rouge : les zones à risque d'inondations. En jaune: les zones à risque de fortes crues.

Le problème principal, c’est qu’il n’y a jamais eu de répit dans cette crue printanière. Le niveau des rivières et des lacs n’a pas eu le temps de baisser. Au début du mois de mai, la région de la Montérégie a reçu de plus d’énormes quantités de pluies (pouvant atteindre 50 mm en peu de temps). Des précipitations records ont aussi été enregistrées en avril dans le bassin du lac Champlain (qui couvre 23 000 km2), avec 200 mm de pluie. Du début de la crue jusqu’à la fin, il y a toujours eu un évènement qui a entretenu la hausse des niveaux d’eau dans le bassin du lac Champlain et on voit les résultats aujourd’hui.

Des sinistrés doivent être évacués / Photo: Jean-Christophe Pochat

En temps normal, le bassin du lac Champlain n’est pas aussi à risque. C’est vraiment le fait qu’on ait reçu un peu plus de neige que l’an passé dans les montagnes du bassin, il y a plut beaucoup au printemps et les évènements ont fait en sorte que cette année la situation météo a fait gonfler les niveaux d’eau dans les rivières et lacs. On parle d’un record de 150 ans et des mesures ont même été prise du côté américain dans le lac Champlain.

L’urbanisation en cause ?

C’est la première fois en 150 ans. Mais avons-nous notre part de responsabilité ? Aurions-nous construit trop dans les zones inondables ? En effet, il y a beaucoup de permi qui ont été donné dans des zones qui peuvent être à risques. Et les habitations près des lacs ou des rivières sont de plus en plus populaires. Ce n’est que lorsque la rivière passe dans son sous-sol que la situation n’est plus du tout bucolique! Et certaines municipalités permettent de construire dans ce genre de zone (comment refuser de nouvelles entrées de taxes pour la ville!).

 

L'armée supervise l'évacuation à Noyan / Photo: Jean-Christophe Pochat

St-Jean-sur-Richelieu regroupe 92 000 résidents (800 résidents à risque d’inondation et 70 évacués). Au début mai, le débit de la rivière Richelieu a atteint 1500 m3/seconde à la hauteur de Carignan!

Les inondations sont-elles vraiment exceptionnelles ou bien est-ce parce que les citoyens touchés vivent dans une zone inondables et à risques ? C’est que la majorité de ceux qui sont inondés aujourd’hui  habitent dans des zones qui ne sont inondés qu’au 50 à 100 ans, qui ne sont donc pas à risque annuellement. Selon les statistiques, ce type d’inondation ne se produit pas fréquemment. Même les gens âgés qui vivent à St-Jean-sur-Richelieu n’ont jamais vu une situation pareille.

Plus de 3 000 résidences sont touchées par les inondations à Venise-en-Québec, à Noyan, à Saint-Jean-sur-Richelieu, à Henryville et à Sainte-Anne-de-Sabrevois. Au moins 500 résidences ont été évacuées.

L’armée en renfort

Près de 600 soldats de l’armée canadienne provenant de la base de Valcartier sont venus prêter main forte au résident de la Montérégie. Les premiers sont arrivés le 5 mai au matin. Le premier ministre Jean Charest s’est également rendu sur les lieux jeudi pour constater l’ampleur des dégâts. En point de presse, le 5 mai, il a fait remarquer que la Montérégie, bien qu’habituée aux crues printanières, est frappée par des inondations d’une étendue et d’une durée sans précédent.

La Presse Canadienne /Ryan Remiorz

Source : Radio-Canada

Quelque 500 fermes de la région situées le long de la rivière Richelieu sont touchées. De 20 % à 40 % des terres agricoles sont submergées. Des PME qui vivent des activités nautiques sont aussi inondées et doivent cesser leurs activités. Selon les premières évaluations, les dégâts et les pertes de revenus seraient considérables.

Source : Radio-Canada

Au moins 18 localités situées le long du Richelieu sont inondées entre le lac Champlain et Beloeil. La crue des eaux, causée par les fortes pluies qui se sont abattues sur le sud du Québec et dans le nord-est des États-Unis pendant plusieurs jours, a fait augmenter de plus d’un mètre le niveau du Richelieu sur une distance d’au moins 50 kilomètres. Les villes de Venise-en-Québec, Noyan, Saint-Jean-sur-Richelieu, Henryville, Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix et Sainte-Anne-de-Sabrevois sont parmi les plus touchées par les crues.

Dans la région de Québec, bien que la situation soit critique aux abords de la rivière Saint-Charles et de la rivière Nelson, le niveau de tous les cours d’eau de la région de Québec est à la baisse. Pour le moment, aucune évacuation n’a été ordonnée par les autorités dans ces secteurs. Elles demeurent néanmoins sur un pied d’alerte. On craint aussi des inondations dans la région de Saguenay, où plusieurs cours d’eau, gonflés à bloc, sont sortis de leur lit. Dans Chaudière-Appalaches, la rivière Chaudière menace de nouveau de déborder. Une quarantaine de résidences pourraient être inondées si la pluie continue de tomber.

Les inondations ne sont pas un phénomène couvert par les assurances. C’est donc le ministère de la Sécurité publique qui va devoir s’occuper des sinistrés. Malgré tout, la pluie qui continue de tomber ne fait qu’augmenter l’angoisse des citoyens à risques.

Pour en savoir plus :

La Sécurité publique dresse un bilan exhaustif de la situation ici :  http://www.gouv.qc.ca/portail/quebec/pgs/commun/urgence-quebec/inondation/monteregie/?lang=fr.

Source : Radio-Canada

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2 Réponses

  1. llll dit :

    Bon article!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ::))))))

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com