Internet et les ordinateurs, une réelle source de pollution

Publié le 12 sept 2010 par Mélanie

Parler par messagerie instantanée, jouer à des jeux en réseau ou simplement surfer sur Internet sont désormais des activités courantes pour les usagers du Web. Qu’on le veule ou non, Internet fait désormais partie intégrante de nos vies, mais malgré que cette vaste toile informatique soit une invention des plus fantastiques, elle pollue et on ne parle pas ici que de SPAM ou de virus informatique, mais bien d’émissions de CO2!

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’industrie des technologies de l’information et de la communication est responsable de 2 % des émissions de CO2 mondiales. Ce chiffre correspond à la production de CO2 de l’ensemble de la flotte aérienne mondiale ! Par exemple, le monde virtuel Second Life doit faire tourner 4000 serveurs pour exister. La consommation électrique de l’ensemble des serveurs d’Internet dans le monde en 2005 équivalait à la production d’une quinzaine de centrales nucléaires! Le problème c’est qu’une grande majorité des serveurs sont à des endroits où l’on produit de l’électricité grâce aux centrales fonctionnant au charbon.

Les serveurs informatiques traitent des milliards de données chaque jour

La pollution des réseaux sociaux et des sites Internet

Twitter engendre une tonne de CO2 par jour! Pour archiver des milliards de données, les serveurs informatiques nécessitent des serveurs très gourmands en énergie et rejettent beaucoup de CO2 dans l’atmosphère. Qu’ils occupent une pièce, un étage, ou un immeuble, les serveurs informatiques ont toujours besoin d’une climatisation importante et continue pour éviter la surchauffe. Et l’air climatisé nécessite beaucoup d’énergie, provenant principalement d’énergie fossile.

Selon une évaluation de l’Internet World Stats de mars 2009, près de 1,59 milliard d’internautes surfent sur Internet dans le monde ! Ça vous donne une idée de la proportion importante d’Internet et de son réseau !

D’après une étude de McKinsey & Co., d’ici 2020, les centres de traitement de données nécessaires aujourd’hui pour le fonctionnement de n’importe quel parc informatique d’une entreprise produiront plus de gaz à effet de serre que la totalité des avions de ligne !

La pollution des SPAMS (pourriels)

Les pourriels, envoyés par messagerie électronique, sont eut aussi nuisibles à l’environnement, en plus de polluer les boîtes de réception de courriel. McAffee affirme, dans un rapport publié le 15 avril, que l’empreinte carbone laissée par les pourriels à l’échelle mondiale équivaut aux rejets de CO2 de plusieurs millions de voitures. Selon cette même étude, les 62 milliards de pourriels envoyés en 2008 dans le monde représenteraient 17 millions de tonnes de CO2 soit 0,2 % des émissions mondiales. C’est un énorme gaspillage d’énergie, car la grande majorité de ces courriels finissent à la poubelle sans même être lus.

La pollution des moteurs de recherche

1000 recherches sur Google polluent autant qu’un kilomètre en voiture!  En effet, Google utilise environ 2 millions d’ordinateurs pour traiter une seule requête de recherche. Avec plus d’une centaine de milliards de recherches par mois, on peut facilement mesurer l’impact que cela peut avoir. Bien sûr, une recherche sur Google est nettement moins polluante que d’aller soi-même dans une bibliothèque en voiture.

Chaque année, des millions d’ordinateurs sont mis aux poubelles, parfois prématurément

Les déchets électroniques

Entre 20 et 50 millions de tonnes de déchets électroniques s’amoncellent dans le monde et ce volume croit de 3 à 5 % par an, d’après une étude des Nations unies de 2005. Le recyclage des déchets électroniques est complexe et nécessite la manipulation de composants très nocifs pour la santé et l’environnement, tels le mercure, le cadmium qui se retrouvent dans les pièces d’ordinateurs. Malheureusement, les déchets des pays industrialisés du nord se retrouvent inévitablement dans ceux du sud, où s’entassent moniteurs, claviers et PC en tout genre.

Dans les pays pauvres, des montagnes de déchets électroniques s’empilent chaque année. Plus de 500 conteneurs de matériel informatique d’occasion sont débarqués chaque mois au Nigéria pour être réparés et réutilisés, mais près des trois quarts de chaque cargaison se révèlent inutilisables et sont détruits sans aucune précaution ou pire, sont abandonnés dans de vastes décharges.

Les méthodes employées dans les pays pauvres pour retraiter ces déchets sont très rudimentaires et les répercussions sur la santé des populations et l’environnement sont lourdes, car les éléments toxiques se retrouvent principalement dans l’eau, qui est le vecteur principal de ces polluants. Par exemple, en Chine, un échantillon d’eau prélevé dans la rivière Lianjiang, à proximité d’un site de recyclage, a révélé des taux de plomb 2 400 fois plus élevés que les standards préconisent par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Heureusement, depuis 2005, une directive européenne dite DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques), votée en 2003, est appliquée au niveau européen en matière de recyclage de ces déchets. Une autre directive dite RoHS (Restriction of Hazardous Substances) visant à contrôler l’utilisation de substances dangereuses dans les équipements électroniques a été adoptée et à l’heure actuelle, ce dispositif législatif est opérationnel en Europe et dans la plupart des pays développés. Malheureusement, une majorité des États concernés continue d’envoyer leurs déchets toxiques vers les pays émergents, souvent sous forme de dons pour contourner la loi. S’il existe un principe selon lequel le constructeur est obligé de recycler ses produits, personne n’indique comment et où ils doivent l’être.

Un ordinateur pollue bien avant qu’il ne finisse à la poubelle et produire un ordinateur de bureau, c’est utiliser l’équivalent de près de deux tonnes de ressources naturelles ! Alors que d’autres biens de consommation, comme un réfrigérateur ou une voiture, ne demandent qu’une à deux fois leur poids en combustible fossile et en produits chimiques, un ordinateur de 24 kilogrammes réclame au moins dix fois le sien.

Les ordinateurs recèlent nombre de substances polluantes, dangereuses pour ceux qui les manipulent au moment de leur fabrication et pour toute personne qui sera plus tard au contact des déchets électroniques, directement ou indirectement. Outre le plomb et le mercure, dont les effets néfastes sont connus, on trouve une série de composés aux noms imprononçables.

Le virage vert

Dans un avenir proche, il faudra donc que les propriétaires de grandes compagnies telles que Google, Facebook, Ebay, etc., prennent conscience qu’ils peuvent laisser une empreinte importante sur l’environnement ! La source d’énergie de leurs serveurs devra être prise en compte, pour favoriser les énergies renouvelables.

Comme quoi, il n’y a pas que les virus informatiques qui polluent !

Pour en savoir plus, visitez le site de La vie en vert

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13 Réponses

  1. benoit dit :

    ca fait peur, surtout de ne pas le savoir

  2. Sodjatimè dit :

    Je suis étudiant ,Béninois, connecté au net et Je n’ai jamais entendu ça, c’est terrifiant

  3. Jocelyne dit :

    Tout a fait d’accord. Le hic réside dans le fait que pour publier cet article, on utilise aussi le web. Nous sommes inscrit dans un cercle sans fin……….avec pas
    beaucoup de solutions.

  4. Kevin dit :

    Grâce à la nordicité du Québec et de l’hydro-électricité(énergie verte et renouvelable), le Québec est l’un des meilleurs endroit au monde pour construire ces centres de données. On pourra même utiliser la chaleur produite pour chauffer des serres et des maisons. Je suis optministe sur l’avenir des technologies pour un monde plus vert, mais bien sûr on doit bien recycler les composants informatiques.

  5. Abdelatif dit :

    C’est beau ce que vous racontez mais quelles sont vos sources ? Moi, je veux des sources et pas du Wikipédia !

  6. Mélanie dit :

    Je ne comprend pas pourquoi vous parlez de Wikipédia alors que je n’en fait aucunement mention. Mes sources sont d’ailleurs nommées tout au long de l’article.

  7. Pauline dit :

    Je trouve ton article très intéressant, et dans le cadre de mes études en horticulture à orientation biologique/écologique, j’ai un dossier à rendre sur « internet » au sens très large, j’ai donc choisi récemment « la pollution créée par internet », j’aurai aimé savoir si tu avais d’autres sources d’informations, desquelles je pourrais m’inspirer, sites, livres, magasines, etc.. ?

    Je te remercie par avance, n’hésites pas à me contacter par mail

  8. Laurent de Coudenhove dit :

    Oui, c’est amusant, mais surtout de se rendre compte que donc 1.000.000 de recherche Google : Un million de questions à une gigantesque bibliothèque, un million de relations entre individus n’équivalent qu’à 1000 km de voiture.
    Soit 20 voitures qui vont au travail ou faire les courses par jour.
    Euh, rien qu’en Nouvelle-Calédonie, il y a chaque matin 100.000 voitures qui descendent sur Nouméa travailler. Cela laisse pensif.
    Donc je considère que ton article, très bien documenté, est risible : mais c’est sur, une goutte d’eau peut faire déborder le verre.

  9. Marie dit :

    Très bon article, merci !
    Pour ceux qui se sentent concernés par la question, plus d’articles et de débats sur notre page facebook
    https://www.facebook.com/moinsderecherchespourlaplanete?fref=nf

  10. Olivier dit :

    Excellent article sur un sujet terrifiant … mais passionnant !
    Les choses commencent à bouger néanmoins, je pense notamment à cette association qui est spécialisée dans l’informatique verte http://greenit-up.fr/
    Une initiative qui je l’espère en appellera d’autres.
    Sujet à suivre en tout cas, pour nous et nos enfants.

  11. Green IT dit :

    Bonjour,

    Nous venons de calculer l’empreinte environnementale du web, ce qui donne par an et par internaute :
    - 200 kg de gaz à effet de serre
    - 350 kWh d’énergie (essentiellement électricité)
    - 3 000 litres d’eau

    Les détails de nos calculs ici : http://www.greenit.fr/article/materiel/quelle-est-l-empreinte-environnementale-du-web-5496

  12. cuisine handicap dit :

    Très bon article

  13. Annie dit :

    Merci pour ces informations, tout consommateur devrait connaître ces chiffres avant d’utiliser son ordinateur. Des recherches peuvent encore se faire sur des encyclopédies papier.

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com