La géoingénierie au service de l’environnement

Publié le 2 août 2010 par Mélanie

Depuis toujours, l’Homme rêve de pouvoir contrôler les éléments de la nature. Faire tomber la pluie sur demande, créer des nuages et bien d’autres de ces idées farfelues sont désormais possible grâce à la géoingénierie!

La géoingénierie est en fait la manipulation délibérée du climat terrestre pour contrer les effets des activités humaines.

Selon le GIEC, la géoingénierie est l’action menée pour stabiliser le système climatique en gérant directement l’équilibre énergétique de la terre, et résoudre par là le problème de l’aggravation de l’effet de serre. À cela les scientifiques ajoutent : l’action menée dans le but d’extraire des GES de l’atmosphère et éventuellement les stocker là où ils ne gêneraient plus.

Ceux qui encouragent la géoingénierie avance que celle-ci elle pourrait éviter ou retarder la transition vers une économie moins dépendante en énergie fossile, émettant moins de GES. Cependant,  la géoingénierie est plutôt perçue comme une mesure additionnelle pour stabiliser le climat, et non comme une alternative à une économie à basses émissions de CO2.

Lorsqu’on parle de géoingénierie, on s’interroge donc sur la possibilité de sciemment modifier le climat au moyen de la technologie disponible aujourd’hui.

Historique de la géoingénierie

500 ans avant J.C., la célèbre danse de la pluie des indiens d’Amérique du Nord est le premier exemple d’un désir de contrôle du climat, bien que cet exemple n’a pas très bien fonctionné jusqu’à maintenant.

1752 : le paratonnerre, premier exemple de contrôle effectif du temps (au sens météorologique)

1946 : ensemencement des nuages avec de la neige carbonique ou de l’iodure d’argent

Voici donc quelques exemples (assez loufoques pour certains, relevant presque de la science-fiction pour d’autres) de ce que la géoingénierie nous propose. Une chose est sûre, les ingénieurs ne manquent pas d’imagination!

Les arbres artificiels

Il s’agit en fait de filtre sur pied, forme qui leur fait ressembler aux arbres. Le CO2 filtré à travers un seul de ces arbres supprimerait 90 000 tonnes de CO2 par an, ce qui équivaut à l’émissions de 20 000 voitures. À l’image des champs d’éolienne, les arbres artificiels pourraient recouvrir de grandes surfaces près des villes.

Écran de souffre dans la stratosphère

Cette méthode a pour but de reproduire l’effet des éruptions volcaniques. En envoyant des particules de souffre dans la stratosphère (entre 20 et 60 km d’altitude), on viendrait diminuer la capacité d’absorption de lumière (et de la chaleur) de l’atmosphère, ce qui entrainerait un refroidissement du climat.

Bloquer les rayons du Soleil dans l’espace

Une autre idée est d’envoyer dans l’espace, entre la Terre et le Soleil, des milliards de petits satellites qui formeraient un écran et qui bloqueraient une partie des rayons du soleil à volonté. Il est évident qu’une telle méthode coûterait des millions de dollars et ce n’est probablement pas la meilleure idée à suivre.

Blanchir la planète

Pour refroidir le climat, pourquoi ne pas tout simplement peindre en blanc le plus de surface possible, puisque cette couleur réflète les rayons du soleil au lieu de les absorber (contrairement aux couleurs foncées). Biensur, il est simple de peinturer le toit d’un immeuble en blanc, mais l’ensemble des structures humaines ne couvre qu’un maigre 1% de la surface du globe.

Voilà pourquoi on a suggérer en 2009 de peindre en blanc les montagnes. Au Pérou, on a tenté l’expérience, avec la subvention de la Banque Mondiale. Le but : recouvrir les hauteurs du Chalon Sombrero, un sommet perché à 4756 mètres de haut. En fondant, les glaciers laissent la roche à nu ou brunissent à mesure que la glace disparaît, ce qui a pour effet d’augmenter l’albédo. Une surface sombre absorbe plus de chaleur et augmente la température ambiante, ce qui fait fondre la glace et empêche les glaciers de se renouveler. Ainsi, le sommet de Chalon Sombrero, recouvert de blanc, bénéficierait d’un micro- climat, plus froid, qui lui permettrait de recouvrer une partie de ses glaces.

En blanchissant les sommets, on espère donc augmenter l’albédo dans les parties les plus sombres autour du glacier pour faire baisser la température et de ce fait recréer artificiellement les conditions optimales pour la régénération des glaciers Andins. La « peinture » utilisée pour blanchir est en fait à base de chaux (sans composants chimiques), la même que celle utilisée par les populations locales pour l’entretien des bâtiments. L’impact sera nécessairement local, il ne renversera pas ou ne stoppera pas un phénomène observé à l’échelle d’une région entière.

Il serait très difficile de reproduire l’expérience à grande échelle dans les Andes tout entière. L’initiateur du projet, le glaciologue péruvien Eduardo Gold conclue : « Je préfère tester une solution et échouer que d’essayer d’imaginer comment vivre sans les glaciers ». Jusqu’à maintenant, il a fallu deux semaines pour couvrir deux hectares, mais Eduardo ne se décourage pas pour recouvrir le total de 70 hectares, car au niveau local, cela pourrait bien sauver le glacier.

Fertilisation des océans

Dans les années 1980, l’idée de fertiliser les océans avec des particules de fer, pour favoriser la croissance du plancton fait son apparition. L’idée derrière cette fertilisation est que l’augmentation de la quantité de plancton pourrait servir de puit de CO2, car le plancton en absorberait plus.

Ce plan repose sur le phytoplancton, cette masse de plancton végétal qui vit dans les eaux superficielles de l’océan, qui absorbe le carbone, et rejette l’oxygène. En fait, le phytoplancton est le principal fournisseur d’oxygène de la planète. Le phytoplancton est donc un grand consommateur de CO², mais il a besoin de fer pour se multiplier. Il suffirait donc diffuser de la limaille de fer dans les zones les moins fertiles des océans pour permettre un accroissement du phytoplancton, qui, proliférant, deviendrait donc capable d’effectuer sa tâche avec plus de puissance.

Cependant, cette technique comporte un grand risque écologique. Le seul avantage de cette méthode c’est qu’elle est relativement peu onéreuse.

Quoi qu’il en soit, la géoingénierie doit être étudier avec ses pour et ses contre, car certaines méthodes peuvent s’avérer dangereuses, tandis que d’autres, heureusement, sont peut-être de bonnes idées sur lesquelles il faut se pencher.

Je vous invite à visionner un vidéo très intéressant : 5 façons de sauver le monde :

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com