Réchauffement climatique et activité solaire

Publié le 19 juil 2010 par Mélanie

Quand on pense aux changements climatiques, la première chose qui nous vient en tête ce sont les gaz à effet de serre. Pourtant, ce ne serait pas la seule cause, selon plusieurs scientifiques, qui croient que les GES à eux seuls n’expliquent pas tout.

En effet, le débat particulièrement délicat sur les causes exactes du réchauffement climatique a toujours lieu aujourd’hui. Parmi les causes, celle de l’activité solaire est beaucoup moins connue et populaire que celle des gaz à effet de serre. Cependant, quand on superpose la courbe des températures du globe depuis 1750 avec celle de l’activité solaire, la corrélation est frappante : les deux courbes sont presque identiques C’est donc le signe qu’il ne s’agit pas là d’une simple coïncidence! Un lien existe forcément.

Le fonctionnement des cycles solaires

L’énergie et la lumière que dégage le soleil ne sont pas constantes et régulières. Notre astre subit plusieurs cycles, périodes durant lesquelles l’activité solaire varie. En réalité, cette activité solaire est réglée par un cycle d’une durée moyenne de 11 ans. Ce cycle a été découvert pour la première fois par l’astronome allemand Heinrich Schwabe en 1843. Par la suite, en 1849, l’astronome suisse Johann Rudolf Wolf établit une méthode de calcul de l’activité solaire basée sur le nombre de taches, devenant ainsi les cycles de Schwabe, numérotés depuis le maximum de 1761. Depuis cette époque, on compte 24 cycles solaires (ou de Schwabe) jusqu’à aujourd’hui. Les derniers maximums du cycle correspondent à 1981, 1991, 2001 et le dernier, débuté en 2008, va atteindre son maximum en 2013.

Les taches solaires sont la manifestation la plus évidente de l’activité du soleil. Certaines, visibles à l’œil nu, ont été observées depuis fort longtemps en Chine, mais c’est l’invention du télescope au 17e siècle qui en a permis l’étude systématique.

Dans tout le débat qui entoure les changements climatiques, les tenants des gaz à effet de serre accordent à l’activité solaire une influence plutôt faible sur le climat. Pourtant, l’importance de l’activité solaire sur notre climat est indéniable, comme vous allez le voir.

L’impact de l’activité solaire

Lorsque le nombre de taches solaires est important, le soleil émet plus d’énergie (la Terre en reçoit donc plus) et donc un changement de température a lieu. Ce rayonnement influe de manière complexe sur la nébulosité et donc à la fois sur l’albédo planétaire. Ces taches sont plus froides que la surface du soleil, mais elles correspondent à une augmentation du rayonnement dans les périodes d’intense activité.

L’exemple du petit âge glaciaire

Le petit âge glaciaire observé entre les années 1645 et 1715 est une excellente illustration de la théorie des variations de température dues au cycle des taches solaires. On y a observé un nombre inhabituellement faible de taches solaires. Cette période est caractérisée par une expansion des glaciers dans le monde, des étés froids et de fortes précipitations. On peut dire que ce moment correspondait à une période météorologique assez mouvementée. Une augmentation du rayonnement cosmique favorise donc la formation des nuages et fait donc varier le climat : on observe principalement une augmentation de la pluviométrie, ainsi qu’une baisse de la température.

Pour ceux qui sont encore sceptiques sur l’importance de l’activité solaire sur notre climat, des études récentes ont permis de remonter encore plus loin dans le temps, pour voir si cette activité jouait vraiment un rôle déterminant. Les résultats sont très intéressants et remontent jusqu’à l’an 900, où les GES que nous rejetons aujourd’hui étaient peu présents. En effet, des chercheurs japonais ont démontré que la période chaude, vers l’an 1200 était pauvre en rayons cosmiques arrivant sur la Terre et la période froide correspondant aux minimums (vers 1700) était riches en rayons cosmiques frappant la Terre. Il apparaît donc que la température terrestre, du moins pour les mille ans qui ont précédé l’année 1900, a été totalement modulée par les éruptions solaires.

Les scientifiques ne sont pas sûrs à 100 % de la manière dont l’activité solaire est liée au climat ici sur Terre. Ils savent que la dernière fois que les taches solaires ont disparu pour une longue période de temps, notre planète a subi une chute spectaculaire des températures.

L’importance de l’activité solaire sur notre climat est assez évidente. C’est dommage, car ce phénomène n’est pas inclus dans les simulations numériques des partisans de l’effet de serre anthropique ni dans les rapports du GIEC. Le GIEC considère que l’activité solaire n’influence pas autant le climat que l’activité humaine et ses GES.

Pourtant comme je l’ai déjà mentionné : il existe un très grand nombre de corrélations observées entre l’activité solaire et la température terrestre, sur des millénaires et partout dans le monde. La période de réchauffement correspond justement à un maximum d’activité solaire (depuis quelques milliers d’années), tout comme les minima d’activité solaires avaient coïncidé avec un refroidissement intense de la planète.

Le soleil fait bien d’autres choses que de nous envoyer des rayons lumineux. Les cycles solaires sont modifient la basse couverture nuageuse qui a une très grande influence sur le climat. La preuve : on a découvert récemment que les cyclones tropicaux intenses sont plus rares au dessus des Caraïbes et du golfe du Mexique quand le nombre de taches solaires est élevé.

Dans un avenir rapproché, il est possible que les causes du réchauffement climatique soient revues et qu’on accorde peut-être un rôle différent à chacune de ses composantes. Mais une chose est sûre, il s’écoulera sûrement beaucoup de temps avant que les choses se clarifient.

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2 Réponses

  1. djo dit :

    interessant, merci.

    je suis à la recherche d’une courbe faisant la synthèse des cycles solaires (orbite, activité, precession, inclinaison,..) en therme de Kw reçu par la terre.
    pour pouvoir aller un peu plus loin dans le passé.
    je suis moi-même passionné par cette question « pouvons-nous être responsable du changement climatique ».
    j’ai dèjà bien creusé le sujet, c’est oui (ceci n’engage que moi). mais jusqu’a quel point.

    @+
    djo

  2. Maugis François-Michel dit :

    Selon un spécialiste allemand, la Terre reçoit du soleil 15.000 fois plus d’énergie que ce que toute l’humanité consomme.
    Par ailleurs les puissances atteintes par les phénomènes météorologiques, en particulier les cyclones, sont sans commune mesure avec les puissances générées par les humains.
    Enfin, sauf grave accident comme la chute d’un gros météorite, un réchauffement (ou un refroidissement) climatique est quasi impossible sur une longue période. Explication: plus l’air est chaud, plus il s’élève, en particulier à la faveur des ascendances tourbillonnaires (cyclones). Et plus l’air chaud s’élève, plus il se refroidit rapidement. Les cyclones ont un effet régulateur du climat terrestre.

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com