La pire marée noire de l’histoire

Publié le 17 mai 2010 par Mélanie

La faune aquatique gravement touchée par le déversement

Une catastrophe sans précédent, voilà comment nous pouvons qualifier le déversement de pétrole dans le golfe du Mexique, causé par l’explosion de la plateforme pétrolière opérée par British Petroleum (BP) le 22 avril dernier.

Probablement la pire catastrophe écologique à laquelle les États-Unis doivent faire face, la marée noire causée par la plateforme Deepwater Horizon atteint des proportions inégalées. Et la fuite est énorme. L’équivalent de 5000 barils de pétrole sont rejetés chaque jour dans le Golfe. Une vue de l’espace prise par la NASA est d’ailleurs très impressionnante.

L'image satellite de la NASA

La compagnie pétrolière tente de fermer le robinet, mais cette entreprise demeure infructueuse. En effet, BP a envoyé quatre sous-marins pour essayer de fermer la valve du puits, sans succès pour l’instant. L’immense couvercle de plusieurs tonnes, prévu pour boucher la fuite s’est lui aussi avéré un échec.

Cet incident majeur ne peut que nous rappeler l’épisode du pétrolier Exxon Valdez. Parti du terminal de Valdez en Alaska le 23 mars 1989, le pétrolier transportait à son bord 180 000 tonnes de pétrole brut. En faisant route vers le sud, il dévie de la route habituelle et heurte de hauts fonds, causant ainsi un déversement de 40,9 millions de litres (40 000 tonnes) de pétrole brut. Plus de 7000 km² polluèrent 800 km de côtes. Environ 11 000 personnes furent mobilisées pour le nettoyage du littoral. Au final, Exxon a du payé 4,3 milliards de dollars en nettoyage et frais légaux. Cette catastrophe survenue au large de l’Alaska a alors forcé l’adoption de règles plus strictes pour le transport de pétrole, mais en ce qui concerne les plateformes, la réglementation n’a pas changé à la suite de cet incident.

Chaque jour, la pétrolière BP dépense 6 millions de dollars uniquement pour le nettoyage. En comparaison, Exxon avait payé 4,3 milliards en nettoyage et en frais légaux. L’opération de nettoyage risque de coûter entre 2 et 3 milliards de dollars.

Cette incident risque de faire mal à la compagnie BP, non seulement pour son image, mais aussi financièrement, malgré le fait que ce genre de compagnie puisse encaisser des pertes financières majeures. Le titre en bourse de BP a par ailleurs dégringolé de 13%, ce qui représente une perte d’environ 25 milliards de dollars.

Au Canada, où des gisements pétroliers prometteurs ont été découvert dans le Golfe du Saint-Laurent et dans l’Arctique, on peut se questionner sur la sécurité d’une exploitation dans un tel milieu. D’ailleurs, la réglementation risque fort bien de changer dans l’avenir.

À l’automne dernier, le Globe and Mail avait révélé que BP figurent parmi les sociétés qui luttent pour un règlement moins contraignant lors des forages. La valve de sécurité n’a pu prévenir l’explosion et aucun puits de secours n’avait été foré, ce qui est désormais obligatoire dans la réglementation canadienne. Le forage de ce puits de secours devrait prendre de deux à quatre mois.

Le gouvernement américain a assuré que cette marée noire n’avait pas entravé la production pétrolière, reste à voir si cet incident aura une influence sur le prix du pétrole à la pompe. L’activité de pêche est quant à elle mise sur pause, ce qui coûte probablement très cher aux compagnies qui vivent de ce secteur.

Notre monde moderne, largement dépendant des combustibles fossiles

Malheureusement, la plus grande conséquence sera au niveau environnemental, la nappe de pétrole ayant déjà atteint les côtes de la Louisiane et menaçant maintenant le Mississippi, l’Alabama et même la Floride. Il faudra probablement des décennies pour que ces écosystèmes marins se remettent sur pied et qu’on efface cette sombre tache de notre mémoire.

Pour écouter à nouveau l’émission radio sur le sujet :

http://www.youtube.com/watch?v=kpPp69fORxU

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Diplômée de l'Université Laval en géographie, j'ai joint l'équipe du 89,1 FM en 2010, car je me passionne pour la vulgarisation scientifique, le journalisme et les médias.

Titulaire d'une maîtrise en sciences géographiques (dont le sujet d'étude portait sur les changements climatiques), mon intérêt pour le journalisme scientifique, la protection de l'environnement, le développement durable et la promotion des sciences m'ont poussé à créer ce site Internet.

J'espère donc pouvoir vous partager ma passion pour les sciences, la nature et l'environnement!

Mélanie Jeaninfo@maplanetebleue.com